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À celui qui capturait la lumière

à François

Nous étions nombreux à croiser sa route lors des stages, sans toujours mesurer, peut-être, la chance que nous avions. 
Son enseignement de l'Aïkido ne se faisait pas remarquer par l'éclat ni la démonstration de soi. Il enseignait comme il respirait avec humilité, avec présence, avec cette disponibilité silencieuse qui dit plus que les longs discours.

Il avait cette grandeur d'âme qui ne se revendique pas : 
elle se donne, simplement, à quiconque s'approche du tatami avec sincérité.

Et puis, il y avait l'œil. L'homme regardait le monde à travers son objectif avec la même attention qu'il portait à chaque mouvement sur le tapis avec justesse, avec délicatesse. 
Ses photographies de stages ne documentaient pas : 
elles révélaient un regard concentré, un déséquilibre suspendu, 
la grâce invisible d'une chute acceptée, Il voyait, dans un instant fugace, ce que le corps sait avant que l'esprit ne l'explique.

Sensei discret, photographe attentif — il laisse derrière lui deux langages qui n'en faisaient qu'un : capter le mouvement, transmettre l'essentiel.

Hommage respectueux à un homme qui aura su, sa vie durant, donner sans bruit et voir sans pareil.